Communiqué
SDJ France 3 Rédaction Nationale
France Télévisions
Journalistes, reprenez la parole !
Chez France Télévisions, en particulier, a la rédaction nationale, la trés
grande majorité des journalistes a appris a se taire. Le plus souvent par
crainte. Crainte de se faire mal voir en exprimant un désaccord, sur telle
ou telle décision éditoriale ou organisationnelle.
Etre « mal vu », estampillé « rebelle », est synonyme de mise a I'écart
des « belles missions » en France ou a I'Etranger, des magazines, des
« spéciales »...et bien sûr du 20H.
On peut le comprendre : se retrouver juste bons a enquiller micros-
trottoirs et séquences a tourner en 2 heures, ¢a calme les envies de
l'ouvrir |
ll y a quelques années, un chef de service de France 2 avait mis en
garde ses ouailles, juste au moment de la fusion des rédactions
nationales : Attention a ne pas vous faire contaminer par les « bleus »,
avait-il été jusqu'a écrire.
Que voulait-il dire ? Quel virus les journalistes pouvaient-ils attraper a
cette époque ?
A cette époque, le Soir 3 et le 19/20 cartonnaient, le 12/13 aussi. Preuve
de la qualité du travail fourni par les équipes.
Le virus tant craint c'est justement la liberté de parole, cette liberté de
regard critique face aux injonctions et aux décisions de la chefferie.
Nous revendiquons la liberté de débattre et d'interroger,
systématiquement. Ce débat qui n'existe plus a la rédaction nationale de
France Télévisions.
Communiqué SDJ France 3 (suite)
Autre exemple : Gaza. Pourquoi si peu de sujets a I'antenne ? Pourquoi
cette différence de traitement alors que les sujets sur I'Ukraine ne
manquent pas dans nos journaux ? Nous pourrions, eu égard a I'horreur
qui s'y déroule chaque jour, au moins relater ce qui sy passe via les
images fournies par les agences.
Pas de sujet, pas un off non plus pour parler du sit-in sur les marches de
I'Opéra Bastille le 16 avril dernier des journalistes qui dénongaient
I'assassinat de prés de 200 de nos confréres palestiniens. Vous
étiez nombreux a vous en étonner, tout comme les téléspectateurs.
Et plus récemment, vendredi dernier, aucun sujet sur le meurtre
d’Aboubakar Cissé dans une mosquée du Gard. Un deux poids deux
mesures. L'information serait-elle passée inapergue s'il s’était agi d'un
autre lieu de culte ?
Bien sir, cela ne plait pas a la direction, ce souffle de liberté de parole !
Aprés avoir bloqué nos évolutions de carriére, aujourd'hui elle projette de
sanctionner notre ancienne présidente et actuelle membre du bureau.
Si la faute qui lui est reprochée n'est pas officiellement connue, nous
savons nous SDJ ce qui déplait a la direction : c'est justement cette
liberté de parole, cette liberté en tant que journaliste de dire : NON !
La SDJ de France 3 dénonce le plus fermement possible cette tentative
d'intimidation d'un membre de notre bureau.
Paris, le 28 avril 2025
Gaza, réforme de l’audiovisuel, assassinat d'd'Aboubakar Cissé... "Chez France Télé, en particulier, a la rédaction nationale, la très
grande majorité des journalistes a appris a se taire. Le plus souvent par
crainte (...) Etre « mal vu », estampillé « […]
[Original post on mastodon.social]